humeurs, bonnes ou mauvaises, mais à consommer sans modération!
On est très content pour les 93 ouvrières de l’usine Lejaby qu’elles aient pu sauver leur emploi. Il est évident qu’en luttant pour la survie de leur entreprise, en mobilisant les médias, en refusant de baisser les bras, elles ont obligé les responsables politiques à trouver une solution. Elles qui fabriquaient jusqu’ici des soutiens-gorges, vont devoir se reconvertir dans la maroquinerie. Cet itinéraire professionnel consistant à laisser tomber les dessous féminins pour opter pour le cuir revêt une dimension quasi érotique qui n’échappe à personne.
Une autre dimension qui n’échappe à personne, c’est la dimension électoraliste de l’opération illustrée de manière voyante par la réception des gentilles ouvrières au Palais de l’Elysée ce vendredi 3 février. Nos couturières ne sont certainement pas dupes de cette opération cousue de fil blanc et concoctée par quelques gros bonnets de la communication Présidentielle… Les bras et les wonderbra nous en tombent face à la grossière instrumentalisation du drame des fermetures d’usine pour tenter de faire oublier l’incapacité du pouvoir à apporter des solutions depuis 10 ans. Observons cependant :
- En moins de 18 mois, ce sont 450 emplois qui ont disparu de l’entreprise Lejaby. Si l’on déduit les 93 ouvrières dont l’emploi serait maintenu, il reste 350 salariés sur le carreau.
- On sait maintenant que Nicolas Sarkozy a téléphoné personnellement à son ami Bernard Arnaud pour lui demander de l’aider à tenir la promesse qu’il avait faite de « ne pas laisser tomber » les ouvrières du site. On connaît la suite et LVMH a fait ce qu’il fallait pour qu’un de ses fournisseurs (un « obligé » en quelque sorte), fasse une proposition de reprise. Le coup de téléphone aux « amis » du Fouquet’s tient lieu de politique industrielle quand il s’agit d’occuper le terrain médiatique à 3 mois de l’élection Présidentielle.
- Les ouvriers de Gandrange auxquels Nicolas Sarkozy avait promis en 2008 une solution pour leur éviter un aller simple à Pôle Emploi doivent rire bien jaune. Ils sont payés (si on peut dire !) pour savoir ce qu’il faut penser des promesses de campagne de l’ancien maire de Neuilly ; Elles se dégonflent aussi sûrement que les prothèses mammaires de Jean Claude Mas… Sacré nom d’une P.I.P !
Les grosses ficelles utilisées par le locataire précaire de l’Elysée se voient comme le néné au milieu de la figure. Il n’a cure du futur emploi de nos petites mercenaires du soutien-gorge qui, pense-t-il, lui seront beaucoup plus utiles en fabricantes de comités de soutien électoral !
Du coup, il espère masquer partiellement ses échecs en termes d’emploi et se donner ainsi l’image d’un petit saint tout auréolé de son succès qui fera plonger les électeurs, le moment venu, dans le décolleté de l’urne électorale… Mais nous saurons démasquer le Tartuffe. Cachez-nous donc définitivement ce saint que je ne saurais voir !
dr